
La « périostite tibiale », que les médecins appellent aujourd’hui syndrome de stress tibial médial, est l’une des blessures les plus fréquentes chez les coureurs débutants et chez ceux qui reprennent après une pause. Elle se manifeste par une douleur diffuse le long du bord interne du tibia.
Les signes
- Une douleur sur le bord interne du tibia, étalée sur plusieurs centimètres (souvent le tiers inférieur).
- Elle apparaît en début de course, peut s’atténuer à l’échauffement, puis revient après l’effort.
- La zone est sensible à la pression du doigt.
Les causes
L’os et ses attaches musculaires sont surchargés : augmentation trop rapide du volume, surfaces dures, chaussures usées. Un pied qui s’affaisse beaucoup à l’appui (pronation importante), une foulée très longue qui attaque loin devant le corps ou des mollets fatigables augmentent aussi les contraintes sur le tibia.
La périostite touche souvent les coureurs qui débutent, ceux qui reprennent après une coupure et les sportifs qui enchaînent sauts et changements de direction (basket, handball, danse). Elle est aussi plus fréquente lors d’un passage brutal sur route après une saison de trail.
Attention à la fracture de fatigue
Si la douleur devient très localisée (un point précis sur l’os), si elle persiste au repos ou la nuit, ou si vous boitez, il faut consulter un médecin : une fracture de fatigue du tibia doit être éliminée par une imagerie.
Traitement et reprise
- Réduire nettement la course pendant 2 à 4 semaines et garder l’activité avec le vélo, la natation ou l’elliptique.
- Renforcer les mollets et les muscles de la hanche.
- Reprendre progressivement, sur terrain souple, en augmentant d’abord la fréquence des sorties avant leur durée.
- Raccourcir légèrement la foulée en augmentant la cadence de 5 à 10 % réduit les contraintes sur le tibia.
La glace peut soulager après l’effort, mais elle ne remplace pas l’adaptation de la charge. Comptez en général 4 à 8 semaines pour retrouver un volume normal : vouloir aller plus vite expose à la récidive.
L’apport du bilan podologique
L’analyse de la marche et de la course permet de vérifier comment votre pied absorbe les chocs et si votre chaussure est adaptée. Des semelles sur mesure peuvent limiter l’affaissement du pied et mieux répartir la charge. Elles sont réalisées au cabinet et remises à la fin de la séance.
À lire aussi : notre article sur la pronation du coureur.
Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation. Besoin d’un avis ? Prenez rendez-vous au Cabinet de Podologie Alésia ou appelez le 01 43 22 09 36.



